Dynamiques démographiques d’Oise-les-Vallées : chiffres clés et enjeux pour l’action publique locale

Au 1er janvier 2026, le territoire de l’Agence d’urbanisme Oise-les-Vallées compte 300 010 habitants, soit une progression de +5 425 habitants depuis 2017 (+1,8 %). Cette évolution globale positive masque toutefois des dynamiques territoriales très différenciées, qui appellent des réponses publiques adaptées et territorialisées, fondées sur les données démographiques les plus récentes.

Un territoire structuré autour de pôles démographiques majeurs

Deux intercommunalités concentrent à elles seules plus de la moitié de la population :

  • Agglomération Creil Sud Oise : 90 234 habitants en 2023, contre 86 512 en 2017 (+3 722 habitants, soit +4,3 %)
  • Agglomération de la Région de Compiègne : 83 992 habitants, contre 82 281 en 2017 (+1 711 habitants, +2,1 %)

À elles deux, ces agglomérations regroupent près de 58 % de la population totale du territoire. Elles jouent un rôle moteur, porté par :

  • Des soldes naturels encore positifs dans plusieurs communes urbaines ;
  • Une attractivité résidentielle soutenue, notamment pour les ménages actifs travaillant en Île-de-France ;
  • Une offre de logements en renouvellement, notamment dans les communes bien desservies par le rail.

Certaines communes enregistrent des progressions particulièrement marquées entre 2017 et 2023 :

  • Nogent-sur-Oise : +1 874 habitants
  • Montataire : +994 habitants
  • Creil : +644 habitants
  • Margny-lès-Compiègne : +307 habitants

Ces dynamiques se traduisent par une pression accrue sur les équipements scolaires, les services publics et les infrastructures de mobilité, nécessitant une programmation anticipée des investissements.

Des territoires en stagnation ou en recul démographique

À l’inverse, plusieurs communautés de communes connaissent une évolution plus fragile :

  • CC du Pays Noyonnais : 31 901 habitants en 2023 contre 32 964 en 2017 (–1 063 habitants, –3,2 %)
  • CC des Deux Vallées : 22 523 habitants, contre 22 926 en 2017 (–403 habitants)
  • CC du Liancourtois – Vallée Dorée : légère progression globale (+141 habitants), mais avec de fortes disparités communales

Dans ces territoires, la baisse ou la stagnation démographique est souvent corrélée à

  • Un solde migratoire négatif ;
  • Un vieillissement de la population ;
  • Une érosion des effectifs scolaires, fragilisant le maintien des équipements de proximité.

À titre d’exemple, la ville de Noyon a perdu 548 habitants entre 2017 et 2023, tandis que plusieurs petites communes rurales affichent des reculs continus sur plus de dix ans.

Des évolutions structurelles qui impactent les politiques publiques

Les chiffres clés mettent également en évidence des mutations profondes dans la structure démographique et résidentielle :

  • La taille moyenne des ménages diminue progressivement (autour de 2,6 à 2,3 personnes selon les territoires) ;
  • Le nombre de ménages augmente plus vite que la population, traduisant un besoin accru en logements ;
  • Le parc de logements progresse dans les secteurs attractifs, mais la vacance reste élevée dans certains territoires en perte de vitesse.

Sur l’agglomération Creil Sud Oise, on compte par exemple :

  • 35 949 logements en 2022 (+4 % depuis 2016) ;
  • 6 717 logements vacants, soit près de 19 % du parc, un enjeu majeur pour les politiques de l’habitat et de renouvellement urbain (cf. chiffres-clés 2025).

Quels leviers pour l’action publique locale ?

Ces chiffres soulignent la nécessité d’une différenciation des stratégies territoriales :

  • Dans les secteurs en croissance : anticiper les besoins en écoles, mobilités, équipements et logements, tout en maîtrisant la consommation foncière ;
  • Dans les territoires en perte de population : lutter contre la vacance, adapter l’offre de logements au vieillissement, renforcer l’attractivité résidentielle et économique ;
  • À l’échelle intercommunale : mieux articuler les politiques d’habitat, de mobilité et de développement économique pour limiter les déséquilibres.

La démographie devient ainsi un outil central d’aide à la décision, au cœur des arbitrages budgétaires et des documents de planification (PLUi, SCoT, politiques de l’habitat, équipements scolaires).

Observer pour mieux décider

Dans un contexte de transitions multiples – démographique, écologique, sociale – l’observation fine et partagée des dynamiques de population constitue un levier essentiel pour sécuriser les choix publics. L’Agence d’urbanisme Oise-les-Vallées accompagne les collectivités dans cette lecture stratégique du territoire, afin de construire des politiques publiques adaptées aux réalités locales et aux trajectoires futures.